Le sacre du présent

L'homme fait aujourd'hui l'expérience d'une nouvelle condition temporelle : celle de l'homme-présent. Un homme qui aurait décidé d'immoler l'avenir au bénéfice du seul présent.

Ce présent prétend désormais se suffire à lui-même pour affronter l'incertitude du monde dans lequel nous sommes entrés. En s'incarcérant volontairement dans un présent immédiat, l'homme-présent veut abolir le temps. Revenu de toutes les utopies sociales, il radicalise son besoin de sens par la recherche individuelle d'un présent sans cesse reconduit, le présent éternel. Successeur de l'homme perspectif né à la Renaissance et parvenu à maturité quand l'idée de perspective se maria à celle d'Histoire, il se trouve désormais sans point de vue.

Pourtant, parce qu'il reste fondamentalement un être temporel, l'homme-présent se débat dans une inextricable contradiction : à force de nier le temps, il ne cesse de subir son déferlement. C'est pourquoi, au lieu de penser le temps sur le mode de l'espérance, il le vit sur le mode exclusif de l'urgence. Comment comprendre le basculement culturel de l'homme perspectif vers l'homme-présent ? C'est dans cette interrogation que je convie le lecteur à m'accompagner.

© Flammarion, 2000

On en parle dans la presse...

"Un temps fou", Libération, 12/10/2000
"L'homme-présent doit inventer l'avenir"
, Le Temps, 21/10/2000
"Philosophie - Aliénante urgence",
Réforme, 26/10/2000 - 01/11/2000
"Ici et maintenant"
, Le Monde, 3/11/2000
"Dans la nasse du présent..
.", La Tribune, 10/11/2000
"Réhabiliter le temps et l'avenir"
, Les Echos, 10/11/2000
"Dans la nasse du présent"
, La Croix, 16/11/2000
"Pourquoi vivons-nous dans l'urgence ?",
Etudes, décembre 2000
"L'éternel présent"
, Enjeux-Les Echos, janvier 2001
"Le Sacre du présent",
La recherche, mai 2001
"Présent"
, Le vilain petit canard, mai-juin 2001